Je sens que je vais encore me planter... (Groupe FFXII)
Bon, il y a toujours une option que je n'utilise pas dans les nouveaux Final Fantasy. Soit pour faire mon kéké, soit par anti-modernisme, j'en sais trop rien.
Je me rappelle de FF8, je trouvais le jeu trop facile, alors j'ai pris la décision de ne pas utiliser les G-Force. Cela a mis un peu de piment. Je me rappelle l'attaque du chien à trois têtes avec des miroirs pour m'en sortir. Mais... arrivé au boss final (ou plutôt auX boss, car il y a toujours de nombreux big boss à ff en général 3-4 à la fin), et bien je n'y arrivais vraiment pas et mes G-force étaient pas assez entraînés pour m'aider... donc, cela m'a pris la tête et je n'ai jamais fini ff8. Honte à moi.
Alors ma manie en ce moment à FFXII est de ne pas utiliser les Gambits. Ben oui, je n'aime pas les automatismes. Je veux tout contrôler (gniark gniark). Alors je perds sans doute du temps, mais je retrouve un peu le tour par tour que j'aimais tant et cela fait un peu moins secret of mana. Mais j'ai l'impression que je vais encore me planter...
Bon, j'ai créé un groupe Final Fantasy XII. Je n'aime pas créer de groupes mais j'ai vu qu'il y avait une attente, je me suis dit que c'était quand même utile et puis vu que cela venait pas... Alors n'hésitez pas à vous inscrire.
Penchée sur sa vitre, l'enfant sourit. Non, elle ne regarde pas la rame défiler, longer les murs bordés de tuyaux. Elle est parfois tirée de son ravissement par l'arrêt du wagon, le crissement. Elle voit survenir un flot de lumière et tout d'un coup, une longue file d'inconnus hirsutes. De la musique. Les portes s'ouvrent. La masse se déverse, ou plutôt, s'enverse. Elle s'incruste, pousse. Une femme hurle :
"Vous voyez pas qu'il y a plus de place !?"
Mais personne ne l'entend : tout le monde veut rentrer. Attendre ? Pourquoi attendre ? Il ne faut pas rater le rendez vous. Et puis, si nous attendons, est-on sûr que le prochain ne sera pas aussi plein ?
A l'avant du métro, une petite sonnerie. Le feu est passé au vert. L'alerte se fait plus stridente. Les portes claquent, sans avoir, auparavant, déclenchés quelques cris de stupeur : elle n'ont pu happer les dos qui se sont rapidement contractés vers l'intérieur. La rame repart longeant le long couloir de tuyaux.
L'enfant embrasse la vitre. Une dame fait signe à la maman qui réagit. Elle détache promptement sa fille et la met sur ses genoux.
"Non ! c'est sale."
Elle n'a pas vu que l'enfant ne voyait pas la vitre. Elle embrassait son image...
Des passages d'un livre diffusé dans le figaro le jour de l'intervention télévisée de Ségolène Royale sur France 2, une interview au Nouvel Observateur, les propos d'Eric Besson denonçant le système Royal et appelant à ne pas voter pour elle vont certainement faire le tour des médias, connaissant leur envie folle de faire élire Ségolène. Ecartant le fort soupçon de réplique à un honneur blessé (soupçon aggravé par le titre donné à l'ouvrage de Besson "Qui connaît Madame Royal ?"), il me semble tout de même que la manière d'agir de l'ancien secrétaire national n'est pas très socialiste.
La mutation du PS comme objectif
En effet, sa justification morale est qu'en faisant barrage à Ségolène Royal, le PS se convertira enfin à la social démocratie après une période de dure réalité.
"Si elle perd, le PS, qui aura abandonné ses principes et son identité pour une illusion, sera une nouvelle fois en crise majeure. J'en serai triste, au moins pour tous les militants, que j'aime et respecte, et pour tous ceux qui placent leurs espoirs dans le parti.
Mais je préfère voir le PS obligé d'opérer enfin sa mue et devenir un parti réformiste assumé, plutôt que de risquer l'embolie de mon pays. "
Le bouleversement interne
Je peux voir en tout cas, qu'il partage mon analyse et mon optimisme : si Royal perd, le hollandisme est mort et la main reviendra à Dominique Strauss-khan, second candidat à l'investiture derrière Ségolène. Pourquoi DSK et pas Fabius ? Car Fabius est discrédité par sa stratégie. Fabius, en digne fils de Mitterand, considère qu'il faut avoir un discours fortement ancré à gauche sans bases réelles, mais sa pratique gouvernementale (il a été le ministre du tournant de la rigueur) lui garantie une grande méfiance de l'extrème gauche. Par ailleurs, on est plus à l'époque de Mitterand, et les électeurs en ont assez qu'on leur promette des choses sans leur expliquer comment faire concrètement. C'est pour cela que Fabius ne pouvait séduire les adhérents du parti socialiste, même porté par l'aile gauche qui ne cesse de s'affaiblir. Ségolène a été l'ultime rempart contre le prise en main par DSK, malheureusement encore trop diabolisé par les militants de base (diabolisation qui touche en général tous les ministres du budget). Mais la difficile campagne de Ségolène et la surprise d'une concurrence à droite (et non à gauche comme c'était devenu une habitude) convoitant l'électorat socialiste devrait une bonne fois pour toute provoquer la mutation.
La perspective de cette mutation invalide le schéma Bayrou. DSK héritant d'un parti aux bases très fortes devrait décliner les propositions de l'éventuel président centriste d'entrer dans une coallition. L'aventure Bayrou est trop risqué pour des personnages politiques de premier plan. Bayrou n'a rien à perdre, les autres beaucoup. Et il n'y a aucune certitude pour que le pari centriste réussisse. Au lendemain de la présidentielle perdue, DSK devrait donc refuser de participer au gouvernement pour préparer les législatives qui, compte tenu de la déstabilisation du PS, devrait aboutir à une victoire de la droite, probablement l'UMP car l'UDF n'a pas d'assises assez forte localement.
La révolution contre la réforme
Mais revenons à Besson. Donc Besson joue la défaite de Royal pour la mutation du parti. C'est fin intellectuellement. Mais c'est oublier qui va payer cette mutation... Quand on a un revenu confortable, on peut se contenter d'attendre. Il n'y a pas d'urgence. Allez ! on passe un tour. Mais ceux qui n'ont pas cette chance ?
Et voilà qu'on peut mettre Besson au même rang que Laguillier et faire référence à cette confrontation philosophique qui a eu lieu entre socialistes et marxistes.
Pour Marx, le système capitaliste court à sa perte. Il se condamne à sa propre disparition, en vulgarisant : en augmentant toujours la pression sur les salaires, au bout d'un moment, les produits de l'entreprise n'arrivent plus à trouver de débouchés par pénurie de demande. Donc, pour en finir avec ce système, le plus inégalitaire possible, il ne faut surtout par en tempérer le mécanisme par des politiques sociales qui ne font que freiner cette disparition.
Mais là encore, combien de temps faudra-t-il souffrir pour voir le système disparaître ?
Les socialistes défendent qu'il faut au contraire agir tout de suite, car l'objectif est d'aider les plus faibles qui sont dans le besoin et de ne pas attendre une éventuelle révolution. Ils choisiront donc le camps de la réforme du système à la révolution.
Facile d'attendre...
Besson attend la grande révolution du PS. Laguillier attend la grande révolution du système capitaliste. Et en attendant on fait quoi ? On laisse les clés à Sarkozy ? A Bayrou ? Parenthèse à ceux, qui à gauche, serait tenté par le vote centriste, je les invite à lire le programme de François et d'y chercher les propositions sociales.
C'est d'autant plus dramatique, que même si le social trinque pendant 5 ans, il n'est même pas sûr que cela bénéficie à l'économie. Depuis 2002, aucune relance de la croissance avec l'UMP. Quand à Bayrou, l'institut patronal COE-Rexecode vient de déclarer que son programme détruirait des emplois. Bayrou ne s'appuyant que sur les petites entreprises et les restrictions budgétaires, il ne devrait pas y avoir assez d'investissement pour relancer la croissance. Attendez vous donc à 5 ans de morosité de plus...
Bon, à ceux qui jouent en ce moment à ce jeu épique, je donne une petite asture (vraiment petite). J'ai remarqué que les ennemis attaquaient toujours le premier qu'ils ont aperçu ou qui les a frappés.
C'est vrai en tout cas dans la mer des sables (où grâce à une coupure d'électricité - et oui ça existe encore en province - j'ai du recommencer trois fois le labyrinthe...). Donc il suffit d'approcher d'assez près un ennemi avec votre leader, en ayant bien indiqué à vos amis d'attaquer cette ennemi, puis vous prenez la fuite quand cet malheureux ennemi vous a locké. Pendant que vos amis s'en donnent à coeur joie, vous vous évitez les coups.
Petite astuce que beaucoup ont dû trouvé avant moi mais bon, il y a toujours un plus petit que soi, même si c'est plutôt rare dans mon cas ;).
François Bayrou se vante de ne pas payer l'ISF, de posséder une vieille Toyota, une Peugeot et deux tracteurs. Il est cependant, selon toute vraisemblance, le plus riche des trois principaux candidats ! Explication : l'ISF est d'abord un impôt sur la pierre, alors que la fortune de Bayrou, c'est surtout de la terre. Sa résidence principale des Pyrénées-Atlantiques, «composée de plusieurs bâtiments à usage d'habitation, granges et jardin», et son appartement de deux pièces à Paris, diminués de différents emprunts en cours, constituent, selon lui, un patrimoine de 607 000 euros, donc inférieur au seuil de déclaration de l'ISF. Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg. François Bayrou a le statut d'exploitant agricole, très favorable fiscalement. Il est propriétaire de juments reproductrices qui lui donnent des pouliches qu'il revend tôt, avant qu'elles ne gagnent des courses sur les différents hippodromes français. Ce qui lui permet de ne pas apparaître dans les médias en tant que propriétaire. Certes, l'entreprise Bayrou fait peu ou pas de bénéfices. L'argent gagné est aussitôt réinvesti dans « l'outil de travail », qui n'est pas assujetti à l'ISF et dont nul ne connaît, à ce jour, la valeur réelle !
Ce n'est pas très gentil, ni très fairplay, d'attaquer un invité (Bayrou a eu la courage de s'exprimer dans un journal qui ne lui ai pas vraiment proche). Dommage, Pierem aurait été tellement content. Enfin, même si ce n'est pas fairplay, vu que c'est sur le fond, on peut lui pardonner.
Pas de programme mais un projet. Pas de promesses mais des engagements. Le président de l'UDF a adopté la posture avantageuse du candidat raisonnable. Sur l'éducation, les institutions, l'économie et le social, la réalité est un peu plus compliquée...
Economie et social « Dans la lignée de Barre »
par Philippe Askenazy
Le projet de François Bayrou compose un programme économique financièrement tenable. Les mesures sont peu nombreuses et les dépenses nouvelles sont limitées. Le revers en est son caractère conservateur. Ses propositions clés l’illustrent.
Sur le plan fiscal, le candidat de l’UDF propose une stabilisation du niveau des prélèvements qui peut apparaître comme une rupture avec la doctrine de la droite française. Mais les éléments détaillés suggèrent un transfert partiel de la charge fiscale en faveur des plus riches dans le très incertain espoir de faire revenir en France quelques exilés fiscaux. Sa réforme de l’ISF en est emblématique : d’un côté, il élargit sa base (plus de foyers seront redevables et des exonérations seront supprimées), et de l’autre, il abandonne sa progressivité (un foyer possédant un patrimoine non professionnel de 100 millions d’euros pourra gagner à la réforme, chaque année, l’équivalent de 130 années de smic).
Au centre du programme se trouve la réduction de la dette. Mais cette politique s’accompagne d’une dangereuse frilosité de l’investissement de l’Etat pour le futur. Le cas de la recherche est frappant. Bien que revendiquant l’objectif de Lisbonne de 3% de la richesse nationale dévolue à la recherche, l’UDF propose une hausse annuelle de 5% du budget de la recherche, bien inférieure aux préconisations du PS ou de l’UMP. Compte-tenu de la croissance économique et de l’inflation, cela correspond en gros à un modeste 1% de croissance du budget en part de richesse nationale. A ce rythme, il faudrait au moins vingt ans pour que la France espère se rapprocher des pays technologiques qui gagnent à la mondialisation (Allemagne, Etats-Unis, Scandinavie…). Générer de la croissance est le vrai défi économique et la condition pour parvenir à réduire la dette.
Le « small business act » de Bayrou, projet ancien que Ségolène Royal porte également, pourrait soutenir la croissance des PME, en leur réservant une partie des marchés publics. Mais la France ne peut pas décider cette politique, actuellement impossible dans l’Union européenne. En revanche, l’Etat français serait compétent pour abattre les obstacles concurrentiels dans de nombreux secteurs (commerce, banque…) qui favorisent les rentes de quelques grandes sociétés, pénalisent lourdement les PME, l’emploi et la croissance et participent de la vie chère en France ; mais Bayrou est muet sur ces barrières que la droite française a érigées et maintenues, voire renforcées.
Côté travail, comme le candidat de l’UMP, Bayrou est flou sur l’évolution du contrat de travail et refuse une hausse rapide du smic. Toujours comme Nicolas Sarkozy mais de manière plus réaliste, il organise sans le dire la mort des 35 heures. En supprimant les charges sociales sur les heures supplémentaires (sauf 10% retraite), une entreprise devient indifférente à payer une heure supplémentaire ou une heure normale. Une telle mesure pourrait participer d’un « travailler plus pour gagner plus » ; mais, dans un pays qui détient avec la Grande-Bretagne le record d’inégalités de salaire mensuel en Europe, le candidat de l’UDF n’aborde pas le cœur du problème : le temps partiel contraint. Il propose seulement un temps partiel plancher pour les hôtesses de caisse… que les principales branches du commerce ont déjà mis en œuvre. Enfin, Bayrou retient un dispositif coûteux d’emplois francs ; il est pourtant démontré que les effets d’aubaine associés à de tels outils non ciblés sont massifs.
Au total, ni libéral ni social, François Bayrou dessine un programme de droite classique dans la lignée d’un Raymond Barre. Trop prudent face aux enjeux économiques de ce nouveau siècle.
Professeur à l’Ecole d’Economie de Paris, chercheur associé l’Institute for the Study of Labor de Bonn.
Institutions « Une logique cachée »
par Dominique Reynié
François Bayrou propose de fonder une nouvelle République. Quels en sont les contours ? On note tout d’abord que le président restera élu au suffrage universel, mais au terme d’une compétition qui maintiendra au second tour les candidats ayant dépassé 10% des suffrages exprimés lors du premier tour. Si ce système avait été appliqué dès l’origine, trois candidats auraient été sélectionnés au second tour en 1965, 1969, 1974 et 2002, puis quatre en 1981, 1988 et 1995. Jacques Duclos aurait été présent au second tour de 1969, Georges Marchais en 1981 et Le Pen en 1988, 1995 et bien sûr 2002. Une telle réforme ne peut que réduire la base électorale du président élu qui pourra se contenter d’une majorité relative en l’emportant, par exemple, avec 38% des voix contre 32% et 30% aux deux autres finalistes. L’affaiblissement du président sera encore plus marqué si, après avoir été lui-même élu par une majorité
relative, il se trouve face à une solide majorité parlementaire.
Ce nouveau Parlement sera d’autant plus fort que Bayrou veut renoncer aux instruments qui permettent à l’exécutif de tenir en respect une majorité ou d’accélérer la décision parlementaire. L’article 49.3 et le vote bloqué seront supprimés. Aujourd’hui, ils font cesser les obstructions parlementaires et les débats interminables. Dans la république de Bayrou, c’est le Parlement, et non plus le gouvernement, qui aura la maîtrise de son ordre du jour. Le gouvernement devra donc compter sur la bonne volonté de sa majorité pour organiser le travail législatif. Le Parlement se verra également confier le droit de décider d’un référendum. Autrement dit le président et le Parlement auront un pouvoir conjoint essentiel : celui de convoquer le peuple !
Il y a en fait dans le projet Bayrou en matière institutionnelle une logique cachée. Elle consiste à radicaliser des évolutions déjà contenue dans le quinquennat. Le grand perdant de cette nouvelle République ne peut être que le Premier ministre. D’ailleurs, le candidat UDF propose que désormais le chef de l’Etat détermine et conduise la politique de la nation alors que cette mission est aujourd’hui confiée au gouvernement par l’article 20 de la Constitution. Tout cela ne fonctionne toutefois que si le président peut s’appuyer sur une majorité fidèle ou tout au moins ouverte au compromis. D’où l’enjeu central de la réforme du mode de scrutin pour les législatives.
Bayrou propose un système mixte, la moitié des députés étant élue au scrutin majoritaire et l’autre moitié à la proportionnelle. Cela introduit une vraie rupture dans notre conception du gouvernement représentatif. En effet, la moitié des députés représenteront la nation, comme aujourd’hui, tandis que les autres représenteront les différents « territoires », sans plus de précision. Le vote blanc sera reconnu comme un suffrage exprimé, ce qui réduira encore la base électorale des élus. Le vote obligatoire est envisagé. En fait, la loi électorale sera si profondément modifiée qu’il est impossible d’anticiper les effets sur notre vie politique. La réforme de mécanismes aussi délicats produit souvent des conséquences aussi lourdes qu’inattendues.
Professeur des universités à l’Institut d’Etudes politiques de Paris.
Education « Aura-t-il le courage ? »
par Claude Allègre
Le Nouvel Observateur. – Comment jugez-vous les propositions de François Bayrou en matière d’éducation ?
Claude Allègre. – François Bayrou place la question de l’éducation au cœur de son programme. Cela correspond à sa sensibilité. Il ne propose ni de diminuer le nombre d’enseignants ni d’augmenter leurs horaires. Il reprend la démarche que nous avons initié avec Jospin d’abord, moi ensuite d’une gestion prévisionnelle des emplois pour éviter les coups d’accordéon. J’approuve ces choix. N. O. – Plus précisément, y a-t-il dans son programme des propositions qui retiennent plus particulièrement votre attention ?
C. Allègre. – Oui, il y en a une qui me paraît essentielle et qu’il est le seul à proposer de manière aussi nette : c’est le rétablissement d’un examen de lecture à l’entrée du collège. Je me félicite également qu’il ne rejette pas – comme d’autres ! – la carte scolaire aux orties mais qu’il se propose de la rénover. Ce sont là des mesures qui, à mon sens, contribuent à stabiliser l’école républicaine telle que je la conçoit. N. O. – Pas de désaccord donc ?
C. Allègre. – Surtout des interrogations. Bayrou aura-t-il le courage – ou l’habilité – de bousculer les corporatismes et les conservatismes pour faire les réformes utiles ? La cogestion pour réformer est une bonne idée en principe lorsqu’on a affaire à des syndicats ouverts, comme pouvait l’être la CFDT de Nicole Notat, mais j’ai des doutes que ça puisse marcher avec le Snes. Même s’il évolue actuellement dans le bon sens ! J’ai fait beaucoup plus de réformes que François Bayrou, mais je ne recommande pas pour autant la stratégie d’affrontement que j’ai adoptée à l’époque et que je regrette. Mais tout cela est du passé. François Bayrou n’est pas candidat pour être ministre de l’Education nationale mais pour être président. Je peux comprendre qu’il fasse de la cogestion une ligne politique. Il se place là en héritier de Jacques Delors. N. O. – Et en matière de recherche ?
C. Allègre. – Augmenter les moyens de la recherche publique c’est bien. Mais le problème numéro un, ce sont les universités, les salaires des enseignants, la situation matérielle des étudiants, la gouvernance, etc. Il faut doubler leurs moyens financiers. C’est là que se prépare la France de demain sa capacité à innover et à répondre au défi de la mondialisation. Et puis, François Bayrou doit s’exprimer sur les dossiers de fond qui détermineront notre avenir : le nucléaire, les OGM, les cellules souches, les nanotechnologies… La France doit choisir entre la modernité et la peur de l’avenir. N. O. – Ce programme éducatif est-il néanmoins réaliste ?
C. Allègre. – Il peut l’être mais à condition de donner au ministre chargé de l’Education nationale le temps d’engager une vraie action réformatrice en lui garantissant d’emblée un maintien dans ses fonctions durant toute la durée du quinquennat. Je précise tout de suite que je ne suis pas candidat !
Propos recueillis par François Bazin
Ancien ministre, auteur de « 10 + 1 questions sur l’école », Michalon.
GA, 13/03/07 - 19:36. Alors que Corinne Lepage (ex-ministre de Juppé en 1995) l'a rallié, alors que Jacques Chirac (ex-Margareth Thatcher 86, ex-Fracture sociale 95, ex-M. Sécurité 2002, et M. Tout sauf Sarkozy 2007) s'apprête à l'adouber, que les sondages sont au plus haut... Maeren claque la porte de l'équipe de François Bayrou et rejoint Ségolènepour ses idéaux !
Commentaire d'un adhérent du groupe Socialistes sur GA, M. R---------S, "Putain ! Il m'aura bien fait ch............................. Mais bon, finalement, quand il veut, il sait être intelligent o:)."
Et le bonheur arrive souvent là où on ne l'attend pas, grâce aux adversaires !
Cela fait plaisir, car je trouve cette campagne électorale déplorante : on ne parle que de sondages, de personnes. On ne débat pas d'idée, on parle de capacité, de positionnement sur l'axe gauche-droite. Bref, on se focalise sur des images sans s'interesser au fond. Il y a quelques années, on dénonçait la manière dont on faisait de la politique aux Etats Unis, en 2007, on est en pleine politique spectacle. A croire que c'est la meilleure façon pour la droite, de détourner les regards vers un bilan catastrophique, aussi bien social qu'économique. Et après, il y en a qui dise qu'il faudrait oublier le clivage droite-gauche. Alors je publie les réponses que j'ai faites , ça fera peut être de la pédagogie à certains : oui le clivage droite/gauche est bien vivant.
Il faut préciser en avant propos que ce test a été fait deux fois car j'avais malencontreusement fermé la fenêtre des résultats avant de pouvoir la copier. Il y a une petite différence que j'explique par le caractère non nuançable des questions et une erreur que je détaillerai plus bas.
L'économique et le social
Deux commentaires sur les services publics. La première fois que je l'ai fait j'avais mis :
"L'Etat doit concentrer ses efforts sur ses principales missions de service public, et partager ses autres missions avec le privé (pour la sécurité sociale, la poste, les universités...) afin de faire baisser ses coûts de fonctionnement et de gagner en efficacité.". Après réflexion, je trouve que privatiser la sécu et les universités, ça le fait moyen.
Je n'ai pas voulu mettre
"Pour assurer leur mission sans représenter une trop lourde charge pour l'Etat, les services publics doivent devenir à la fois plus efficaces et moins coûteux ; quelques-uns (comme, par exemple, les télécommunications) peuvent être mis en concurrence avec des entreprises privées, et même être en partie privatisés - dès lors que l'Etat en garde le contrôle - ce qui les incitera à s'améliorer."
Car je pense que le pire système possible est une entreprise mi-publique, mi-privé. Ces entreprises, en général, se comportent comme de véritables acteurs privés tout en gardant leur autorité de monopole sur les usagers. France télécom est le meilleur exemple de cette dérive. Cette société n'arrête pas de prendre en otage de nombreuses populations alors que son service n'arrête pas de se dégrader, privilégiant les logiques comptables (suppression des cabines téléphoniques, non installation de noeud ADSL dans les villages les plus reculés...).
Je suis pour que l'Etat se replie sur les domaines qui nécessitent l'intervention publique mais avec, dans de nombreux domaines, la privatisation des entreprises publiques avec, en contrepartie, une forte régulation étatique qui garantisse l'égalité des usagers et la péréquation. Je pense que cela peut être le cas dans tous les PTT (France télécom, la Poste), la SNCF voir EDF (si on sépare les installations et les centrales nucléaire de l'opérateur marchand).
la manière de vivre
Sur la question la plus polémique, les drogues, je nuancerai en précisant que je suis pour la légalisation à partir du moment où cette légalisation est scrupuleusement encadrée. Je pense que cela ne peut être que bénéfique de permettre l'usage du canabis exclusivement dans des coffee shop avec des barmens responsables ! Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui des personnels des bars à alcool. Pour avoir une licence, il faudrait que la personne puisse responsabiliser l'usager et ne pas lui donner une dose qu'il ne peut supporter. La consommation se ferait sur place et interdite aux mineurs.
Aujourd'hui, on a une formidable hypocrisie sur le sujet. Les drogues douces sont très diffusées. Les flics ont du mal à verbaliser, quand ils ne fument pas eux-même. Et la drogue circulent par ceux qu'on devrait le plus protéger, c'est à dire les jeunes. Sur les drogues dures, je ne suis pas pour punir deux fois les consommateurs malheureux qui sont tombés là dedans. Il faut savoir d'ailleurs que la coke s'est très bien démocratisée chez les jeunes ces dernières années. Je serai à la limite de la légalisation dans le cadre étatique des coffee (ce qui éviterait les overdoses et les mauvaises consommations). Disons que pour le moment, je ne suis que pour la poursuite de ceux qui prospèrent sur la vente de ces drogues.
J'ai besoin de revenir sur l'adoption homosexuelle ? ^^
identité et responsabilité
Pour les élections locales, à partir du moment où quelqu'un travaille et paye des impôts localement, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas voter pour orienter la politique de la ville où il habite et qu'il enrichit. Pour les élections nationales, je ne suis pas encore pour. Je suis plutôt pour l'acquisition de la nationalité après un certain nombre d'année.
Dans le premier text j'avais mis "Plutôt que de trop assister les gens (ou de les inciter à profiter du système), il faut les responsabiliser afin qu'ils comptent plus sur eux-mêmes et moins sur l'Etat pour s'en sortir.". Mais j'avoue que là aussi c'est un peu trop fort. Je pense, comme Ségolène ^^, que chaque droit doit être couplé avec un devoir et donc pour la responsabilisation des citoyens. Mais de là à traiter d'assistés les plus démunis... j'ai connu la galère du chômage, parfois il faut un peu de chance pour s'en sortir et je ne jette pas la pierre à ceux qui finissent par désespérer car ils n'ont jamais eu cette chance.
Donc voilà, je pense qu'avec mes nuances je tire un peu plus vers mon centre gauche ^^. C'est quand on pose de réelles questions que l'on comprend le clivage droite gauche.
J'ai réussi ! J'ai décroché les deux stages pour être à Paris du 21 mars au 1er avril ! Cela fait longtemps que je ne suis pas allé au Oh Fada... surtout que je vais rater la mind the gap... On peut pas tout avoir :)
Pour se consoler de la musique déplorable de final fantasy XII, un petit blind test pour les fans de RPG. Petite difficulté, il s'agit de remix des musiques originales de 10 jeux parmi les plus connus du genre.
- J'ai vu ce que gagnent Royal et son mari. Ca me dégoûte. Et après, ils s'en prennent aux riches...
- Ben oui, heureusement : au moins, ils sont conscients qu'il est nécessaire de redistribuer un peu de leurs revenus aux plus pauvres. Tu préfères peut être Sarkozy et sa copine qui se font voter un bouclier fiscal pour ne pas payer d'impôts ?
SECOND TOUR Dominique Strauss-Kahn estime que l'union nationale du candidat de l'UDF ferait " le jeu des extrêmes "
DSK invite Bayrou à se prononcer contre Sarkozy
Lorsque François Bayrou a fait de vous un premier ministre potentiel de sa majorité, vous avez laissé dire... Pourquoi ?
Cette question ne se posera pas. Je suis un homme de gauche et l'union nationale, telle que la propose François Bayrou, ferait avant tout l'affaire des extrêmes. La France a besoin d'une majorité de gauche. Pour autant, je trouve que l'on est à la fois trop indulgent par rapport au flou du projet de François Bayrou et parfois trop excessif par rapport à sa démarche.
C'est certes un homme de droite, mais il a donné des signes de rupture par rapport à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Est-ce que ces signes de rupture en font une solution pour la France ? Je ne le crois pas : en mettant sur le même plan le PS et l'UMP, il est injuste sur le passé et inopérant pour l'avenir. Est-ce que cela en fait le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy ? Je ne le crois pas davantage. Il ne peut ni ne veut rassembler l'ensemble de la gauche, or c'est nécessaire pour battre Nicolas Sarkozy.
Ségolène Royal, parce qu'elle n'est pas centriste mais occupe une position centrale, est la mieux placée pour rassembler. François Bayrou devra finir par se déterminer. S'il va jusqu'au bout de sa logique - et je l'y encourage ! -, il se prononcera contre l'alliance avec Nicolas Sarkozy au second tour. Cela fera une belle majorité pour battre Sarkozy et pour changer la France.
Vous suggérez au candidat centriste de rallier Mme Royal ?
Ségolène Royal l'a dit : tous ceux qui rejoindront le " pacte présidentiel " auront vocation à rejoindre le gouvernement et la majorité présidentielle.
Le candidat centriste est donc compatible avec la gauche ?
La ligne de François Bayrou n'est pas une solution, c'est une illusion. Sa progression dans les sondages est la manifestation la plus repérable de l'exaspération des Français devant l'absence de vrais débats sur leurs vrais problèmes. Je les comprends. Remettons les solutions - notamment économiques et sociales - au coeur de la campagne présidentielle : nous verrons si François Bayrou partage les nôtres et, j'en suis sûr, nous l'emporterons.
Vous faites une ouverture à l'électorat centriste ?
Il n'y a pas d'ouverture à faire. Il y a à montrer que la gauche que Ségolène Royal veut incarner, et moi aussi, offre un nouveau visage. J'ai plaidé pour une gauche social-démocrate. Je pense toujours que la solution est là.
La progression de M. Bayrou dans les sondages signifie-t-elle que le clivage droite-gauche a du mal à s'installer ?
La succession des alternances et les difficultés de la société française ont érodé les différences manichéennes qui existaient jusqu'en 1981. C'est plutôt une bonne chose. Pour autant, je continue de penser que les différences entre la droite et la gauche structurent notre pays. Qui ne voit aujourd'hui qu'il y a deux manières de faire évoluer la société française dans la mondialisation. La gauche moderne que représente Ségolène Royal, et que je défends, vise à concilier une nouvelle vision de la création de richesse et de la réduction des inégalités.
Cette campagne est beaucoup trop remplie d'anecdotes. Les Français sont dessaisis des débats. Nicolas Sarkozy organise le brouillage, en citant Jaurès et Blum, et se fait le champion du travail, " travailler plus pour gagner plus ". Or, il a été rappelé mille fois que ce ne sont pas les salariés qui décident des heures supplémentaires, et que ça n'apporte aucune solution aux salariés en temps partiel subi. C'est une approche très différente, sur le pouvoir d'achat, de celle que propose la gauche avec l'ouverture d'une grande négociation avec les partenaires sociaux qui traite de la hausse du smic et de la revalorisation des petites retraites mais aussi de toute la revalorisation des carrières professionnelles...
Sur la question fiscale, Nicolas Sarkozy dit qu'il faut baisser de 4 % les prélèvements obligatoires alors que chacun sait très bien que le problème central du pays, c'est celui de la dette, sur laquelle Ségolène Royal a mis l'accent, et que cela impose de stabiliser les prélèvements obligatoires. Dire, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on veut faire passer le bouclier fiscal à 50 % revient en fait à supprimer l'ISF. Dans ces conditions, qu'il le dise clairement ! Que le débat commence enfin sur les objectifs, les priorités, les solutions, les modalités... sous le regard des Français.
Quelle relance faut-il pour l'Europe ?
Il faut absolument que l'ensemble de la mécanique reparte. Le cadre principal doit être celui de l'entente étroite entre Français et Allemands. Il faut reprendre l'inspiration du traité de l'Elysée de 1963 et, avec un nouveau pacte, aller loin dans l'intégration franco-allemande, en dégageant une vision commune sur les frontières, l'économie et le social, le militaire et le diplomatique et l'environnement et l'énergie.
Avec la présidence allemande en 2007, la présidence française en 2008 et les élections européennes en 2009, la fenêtre est étroite, mais elle existe. Pour le reste, il faut écarter le " mini-traité " version Sarkozy parce qu'il manque d'ambition et heurte les dix-huit pays qui ont dit oui à la Constitution européenne. Nous n'avons pas besoin d'un traité " moins ". Nous avons besoin d'un traité " plus ", qui réponde aux attentes sur le social, l'environnement, la gouvernance économique, de ceux qui sont inquiets d'une Europe trop libérale.
Ce nouveau traité doit-il être soumis à un référendum ?
S'il n'est qu'un règlement intérieur de fonctionnement de l'Union, sous la pression des eurosceptiques, des Britanniques, des Polonais, des Tchèques auxquels Nicolas Sarkozy prête la main avec son mini-traité, il peut passer par la voie parlementaire. Si c'est le traité " plus ", le parallélisme des formes impose un référendum mais, dans ce cas, il sera, j'en suis sûr, adopté.
La présence de l'Etat dans le capital d'EADS est-elle nécessaire ?
Oui. La spécificité d'EADS, c'est qu'il s'agit de la première entreprise créée de façon binationale - avec des actifs français et allemands - et avec une organisation bicéphale. La participation de l'Etat français a été un élément de discussion au départ, mais ce n'est plus une difficulté aujourd'hui. En revanche, l'organisation bicéphale, qui était indispensable pour créer EADS, n'était pas destinée à durer : il aurait fallu la faire évoluer. Je me souviens que dès 2002, j'avais rencontré le président de Daimler pour voir avec lui les modalités possibles d'évolution. Le décès de Jean-Luc Lagardère - qui appuyait cette démarche - a interrompu le processus. Il aurait fallu depuis bouger sur cette question. En cinq ans, le gouvernement n'a rien fait.
Cette gouvernance bicéphale, il faut y mettre fin ?
Oui. Bien des solutions peuvent être imaginées, comme une présidence à tour de rôle. Mais, pour pouvoir être adoptées, il faut recréer de la confiance.
Mais vous êtes d'accord avec la demande de Ségolène Royal d'une recapitalisation par les Etats et d'une participation des régions ?
Pourquoi pas ! Même si nous ne sommes pas dans le cas d'Alstom, et si la recapitalisation n'est pas le problème principal d'Airbus, elle peut être utile. Airbus connaît d'abord des difficultés d'organisation. Il y aurait beaucoup à gagner à discuter avec les organisations syndicales, sans oublier les sous-traitants, pour remettre à plat le plan Power 8. C'est un grand gâchis d'avoir construit ce plan sans les avoir suffisamment consultées.
Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud
La pression du groupe sur l'individu (post scientifique)
J'étais en cours de numérisation de mes cours de fac (qui commencent sérieusement à prendre la poussière), quand je suis tombé avec plaisir sur une page reprenant les expériences de Solomon Ash, un scientifiques qui, dans les années 50, a travaillé sur le comportement humain et la pression du groupe sur les opinions des individus.
A l'heure où les sondages sont censés orienter nos décisions, je ne résiste pas à l'envie de vous la faire partager.
Cours "L'information par l'image" - P.-Y. CHEREUL - 1996-1997
Les expériences de Solomon Asch
mettant en évidence la pression du groupe sur l'individu,
une variante de l'argument d'autorité
(Au cours des célèbres expériences du professeur Solomon Asch, de l'Université de Pennsylvanie), on montrait deux cartes à des groupes de sept à neuf étudiants. Sur la première, il y avait une ligne verticale unique; sur la seconde, trois lignes verticales de longueurs différentes. On déclarait aux étudiants qu'il s'agissait d'une expérience de perception visuelle, leur tâche consistant à trouver laquelle des lignes de la carte 2 avait la même longueur que la ligne de la carte 1.
Asch décrivit ainsi le cours des événements:
"L'expérience commence sans incidents. Les sujets annoncent leur réponse dans l'ordre où on les a assis, et au premier tour, chacun choisit la même ligne. Puis on leur montre une deuxième paire de cartes; là encore, le groupe est unanime. Ses membres semblent être prêts à subir poliment une nouvelle et ennuyeuse expérience. Au troisième essai se produit une agitation inattendue. Un sujet est en désaccord avec tous les autres sur le choix de la ligne. Il a l'air vraiment incrédule, surpris du désaccord. A l'essai suivant, il est de nouveau en désaccord, tandis que les autres restent unanimes dans leur choix. Le dissident s'inquiète et devient de plus en plus hésitant tandis que le désaccord persiste dans la succession des essais; il pourra marquer une pause avant d'annoncer sa réponse et parler à voix basse, ou bien soutire d'un air embarrassé. " (1 )
Ce que le dissident ne sait pas, explique Asch, c'est que les autres étudiants ont auparavant été soigneusement instruits de donner unanimement à certains moments des réponses fausses. Le dissident est le seul véritable sujet de l'expérience et se trouve dans une position des plus inhabituelles et des moins rassurantes: il lui faut contredire l'opinion générale du groupe et sembler étrangement perdu, ou bien douter du témoignage de ses sens.
Aussi incroyable que cela paraisse, 36,8 % des sujets choisirent dans ces conditions la deuxième solution et se soumirent à la trompeuse opinion du groupe. (2)
Asch introduisit ensuite dans l'expérience certaines modifications et put montrer que la force numérique de l'opposition - à savoir le nombre de personnes contredisant les réponses du sujet - était un élément important. Si seul un membre du groupe le contredisait, le sujet n'avait aucune peine à maintenir son indépendance. Dès qu'on faisait passer l'opposition à deux personnes, la soumission du sujet grimpait à 13,6%. Avec trois opposants, la courbe d'échecs atteignait 31,8%, et à partir de là se stabilisait, toute nouvelle augmentation du nombre des opposants n'élevant le pourcentage qu'aux 36,8% cités plus haut. Inversement, la présence d'un partenaire solidaire représentait une aide précieuse pour s'opposer à la pression du groupe: dans ces conditions les réponses incorrectes du sujet chutaient au quart du taux d'erreurs mentionné.
Il est particulièrement difficile d'apprécier l'impact d'un événement tel qu'un tremblement de terre avant d'en avoir fait réellement l'expérience. L'effet de l'expérience d'Asch est comparable. Quand on donna la parole aux sujets, ils racontèrent qu'ils avaient, au cours du test, vécu toutes sortes d'inconforts émotionnels, de l'angoisse légère jusqu'à quelque chose touchant à la dépersonnalisation. Même ceux qui refusèrent de se soumettre à l'opinion du groupe et continuèrent de se fier à leur propre perception, le firent au prix de l'idée harcelante qu'ils pouvaient, après tout, se tromper.
On trouvait cette remarque caractéristique: "A moi il me semble que j'ai raison, mais ma raison me dit que j'ai tort, parce que je doute de pouvoir être le seul à avoir raison tandis que tant de gens se trompent." D'autres recourent à des façons tout à fait typiques de rationaliser ou d'expliquer l'état de désinformation qui brouillait leur vision du monde: ils transférèrent leur inquiétude sur un défaut organique ( "Je commençai à douter de ma vision " ), ils décidèrent qu'il y avait une complication exceptionnelle (illusion d'optique), ou encore devinrent si soupçonneux qu'ils refusèrent de croire l'explication finale, tenant qu'elle faisait elle-même partie de l'expérience et qu'on ne pouvait en conséquence s'y fier. L'un des sujets résuma ce qu'apparemment la plupart des dissidents ayant bien répondu avaient ressenti: "Cette expérience n'est semblable à aucune autre que j'aie vécue: je ne l'oublierai jamais". (3)
Comme Asch le fit remarquer, le facteur sans doute le plus angoissant pour les sujets était le désir ardent et inébranlable d'être en accord avec le groupe [...] La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment confortable, mais déformant la réalité, d'être en harmonie avec un groupe, est bien entendu l'aliment dont se nourrissent les démagogues.
Paul WATZLAWICK, "La réalité de la réalité", Editions du seuii, collection Point, 1973.
(1) Solomon E. Asch. "Opinions and sociaJ pressure", Sdentific American, 193: 31-35, novembre 1955. - (2) Solomon E. Asch, "Studies of Independence and Submission to Group Pressures", Psychological Monographs, vol.70, n°4l6, 1956. - (3) Solomon E. Asch, "Social psychology ", New-York, Prentice-Hall, 1952, p. 450.-483.
En complément, un extrait sur du film "I comme Icare" s'inspirant du travail de Stanley Milgram qui, lui, s'était intéressé à la soumission de l'individu à l'autorité.
Par la vitre, j'aperçois le paysage. Certain serait déçu. Ce n'est pas un soleil éclatant qui réchaufferait, de ses rayons, la peau. Non, c'est une brume épaisse qui envahit le décor de ce plat pays. Cet air chargé d'humidité rend le coeur plus lourd mais moins desséché. C'est cette atmosphère qui me rappelle l'enfance. Une image dans la tête, celle de ma grand mère qui parcourt un grand parking. Le long traveling du camescope de mon père. L'humidité, la brume me rappellent la famille. Le mauvais temps n'est pas pour moi une dépression.
Quoique... j'ai déjà le coeur lourd de ne t'avoir pas vu. Cette ville que j'ai vu aujourd'hui dans la brume, une ville-étape qui n'était qu'un nom et qui me fait désormais penser à toi. Es-tu passé par cette rue ? Peut être pas la semaine dernière, mais les murs en gardent certainement le souvenir.
Aujourd'hui, alors que tu sais que je suis ici, que ressens-tu ? Tes yeux sont-ils aussi posés sur cette brume et as-tu imaginé ma présence ? Est-ce que tu as regretté de ne pas m'avoir vu ? Ou, en définitive, étais-tu trop concentré sur tes tâches quotidiennes ? Tu n'as, peut être, même pas fait attention à l'heure et, à la fin de la journée, tu t'en souviendras, alors que le temps s'est éclaircit. Tu n'auras pas partagé mes sentiments. Tu auras été dans un autre monde. Alors que je pensais être proche de toi, tu étais ailleurs. Comme bien des fois j'ai été ailleurs quand tu pensais à moi.
Tu me le diras peut être après demain. Moi, je me suis réfugié dans un parc, loin de la volière tumultueuse des mésanges, qu'on a enfermées par centaines pour la joie des gamins, mais qui perturbent la quiétude d'un jardin anglais du XIXème, déjà menacé par l'incessant râle des deux axes routiers qui le voisinent. Mon coeur goûte la mélancolie de cette peinture romantique en pensant à toi, avant de regagner la maison où, j'espère, la télévision sera éteinte.
Pourquoi la dame aux échecs est-elle la pièce la plus forte ?
Je pensais que les us et coutumes destinaient l'homme à sauver la femme. Il est quand même assez paradoxal de voir dans ce jeu très ancien le rôle de cette femme guerrière qui, d'une grande agilité, parcourt les champs de bataille, brisant sur son passage, chevaliers, soldats et tours d'assault...
Croqué par Fabulous. Merci pour le cadeau !!! Mais je préfère le bleu comme fond ^^
Le texte ne s'apprécie qu'en musique.
J'écoute
Sous le bon conseil d'Usylwan, voici le lien vers mon site de photos randos, mis à jour assez régulièrement, je pense. Cadeau à tous les parisiens qui se morfondent dans leur appart.
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